
......Je suis le PDG d’une entreprise publique comme M. Henri Proglio, PDG d’EDF. Comme lui, je vais toucher 1,6 millions d’euros en tant que PDG, pour l’année en cours, et les 450 000 euros d’indemnité annuelle que voulait me verser une société privée ( autre que Véolia) je les ai refusés : ça faisait jaser. Par rapport à mon prédécesseur, PDG d’EDF, cela me fera quand même une augmentation d’environ 45% :
c’est parce que je le vaux bien. Chaque mois je disposerai d’un minimum de 133 000 euros. Mais, j’ai quand même fait des sacrifices : j’ai renoncé à mes jetons de présence et j’étais mieux payé dans le privé.
Vous voyez, comme vous, je suis totalement résigné, la situation économique est ce qu’elle est, et on ne peut pas faire autrement.
Pour la compétitivité économique, on ne peut pas augmenter les salaires et on est obligé de délocaliser. Il faut se serrer la ceinture, si on ne veut pas voir exploser le chômage. D’ailleurs, je suis prêt à m’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et quand je serai en fin de droits, je toucherai peut-être l’allocation de solidarité ou encore le RSA, soit 460 euros/mois.
Pour résorber le trou de la sécurité sociale, je prendrai une assurance privée pour me faire soigner et je paierai pour aller dans un hôpital privé.
Pour mes enfants, pour soulager le budget de l’Education nationale, je financerai leurs études dans des écoles privées.
Pour ma retraite, il ne faut pas exagérer, l’espérance de vie des hommes étant de 77 ans, je suis prêt à travailler plus longtemps et à partir en retraite à 65 ans, voire 70 ans. Je suis prêt à travailler jusqu’à ma mort !
Je suis prêt à tout supporter sans me suicider.
C’est vrai, je ne suis peut être plus le 34ème PDG, les mieux payés de France, je vais perdre au moins 3 places en renonçant aux 450 000 euros, mais je suis prêt à faire des sacrifices comme vous.
Des Résignés